Français 5.0.6 volº 1, nº 2

Que de choses se sont passées depuis notre premier numéro. C’était il y a quelques semaines, et pourtant, ça parait si loin…

Nous vous présentons aujourd’hui notre nouveau numéro aux couleurs du temps de la pandémie. Loin de nous morfondre sur cette situation si anxiogène, nous cherchons au contraire les voies d’un nouvel enseignement, d’une pédagogie renouvelée, à notre mesure, à notre vitesse!

FRANCAIS 5.0.6-02-2020-ISSN-compressé

FRANÇAIS 5.0.6 – Un journal ?

 

Cliquer ici pour télécharger FRANÇAIS 5.0.6

Pourquoi
« Français 5.0.6 » ?
506 est le code donné au Costa Rica dans les réseaux de communications internationales. Nous avons ainsi voulu singulariser le français qui est enseigné et vécu au Costa Rica, notre petit pays vert niché au centre de l’Amérique, sur le pont entre les deux grandes masses continentales du Nouveau Monde.
Petit pays, certes, mais à la forte tradition de français dans l’enseignement depuis plus de 150 ans, le Costa Rica est aujourd’hui membre observateur de l’OIF et ce, depuis 2014, ce qui pour nous représente un très fort appui pour préserver la langue dans l’éducation publique.
ACOPROF, l’Association Costaricienne des Professeurs de Français a célébré en 2019 ses 30 ans, depuis qu’un 22 avril de l’année 1989, un groupe d’enseignants a choisi cette appellation après 10 ans d’existence sous le nom de SICOPROF (Syndicat costaricien des professeurs de français), souhaitant ainsi être plus rassembleur autour de la langue, sa défense et son rayonnement dans le pays.
Pour ces 30 ans, le comité actuel a donc décidé de créer un journal, celui que vous découvrez aujourd’hui et dans lequel il souhaite inclure ce qui se fait de mieux et de plus innovant dans l’enseignement du français dans le pays tout en s’intéressant à ce qui se fait ailleurs dans le monde.
Ce journal est donc fait pour vous, professeurs ou élèves de français et par vous, associés d’ACOPROF, sans qui il serait impossible d’avancer.

Le Comité

Le jour du prof de français

À l’occasion de la Journée Internationale des professeurs de français fêtée le 28 novembre 2019, sur le modèle du concours « Et en plus, je parle français », ACOPROF et le Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France au Costa Rica, avec le soutien du MEP ont proposé le concours « En en plus, je suis prof de français ». Un concours ouvert à tous les enseignants de français du Costa Rica qui avait comme objectif de présenter une ou plusieurs activités réalisées par des professeurs hors contexte pédagogique en montrant dans cette vidéo en quoi consiste l’activité, où et quand est-elle menée et ce qu’elle apporte à celles et ceux qui la pratiquent.

Dans les rubriques d’évaluation de la vidéo le jury a pris en considération le niveau de français, la durée d’entre deux et quatre minutes, la qualité de la vidéo et du son, la qualité d’expression en français, l’originalité de la réalisation et l’originalité de l’activité.
Pour le premier prix un billet d’avion aller-retour San José-Paris a été offert avec une bourse de formation au Cavilam de Vichy grâce à l’appui financier de la FIPF qui a soutenu notre projet et il y avait des prix pour les quatre autres meilleures vidéos.
Les vidéos primées seront diffusées sur les sites de l’Ambassade de France et de la « Asesoría Nacional para el Francés » au Ministère de l’Éducation Publique du Costa Rica et relayées sur la chaîne Youtube d’ACOPROF.
Voici les liens pour découvrir les 3 premières vidéos primées
1º prix : Mariana Solano Vargas https://youtu.be/QUCVHMEFaC0
2º prix : Daniela Rojas Calderón https://youtu.be/UxpAyRn8eMU
3º prix : Karen Mena Sanchez https://youtu.be/4ZKHW1LjBns

Nous souhaitons profiter de l’occasion pour remercier ici nos parrains qui nous ont aidé à récompenser les meilleures productions : la FIPF, le CAVILAM, le Lodge Ylang Ylang, l’Alliance Française de San José, CLE International et la crêperie restaurant Cocorico Verde.

Les symboles costariciens (3)

L’arbre de Guanacaste.

On l’appelle « Oreille cafre » en français (nom qui lui est donné à l’île de la Réunion, dans l’Océan Indien, où il s’est bien acclimaté). Son nom vient du nahuatl, langue des peuples mésoaméricains et signifie « arbre à oreilles » en raison de la forme de son fruit, une gousse recourbée qu’on peut voir entre janvier et mai, pendant la saison sèche. Les graines de ces gousses servent à alimenter les animaux et peuvent être utilisées dans la fabrication de savons artisanaux. La forme de cet arbre est caractéristique en parasol ouvert, au large tronc, à l’ombre de laquelle le bétail aime à se reposer, dans la campagne du Guanacaste. Il possède des petites feuilles qui restent vertes presque toute l’année.

Il a été déclaré symbole national le 31 août 1959.

Son nom scientifique ? Enterolobium cyclocarpum

Photo Didier Raffin-tous droits réservés

La Guaria morada

Notre belle orchidée, la Guaria morada (Guarianthe skinneri) a été choisie comme fleur national en 1939, à la suite d’un concours, parmi les centaines qu’on trouve dans le pays. Elle possède toutes les caractéristiques pour représenter le pays : elle est endémique, elle est enracinée dans les coutumes nationales, on la chante. Sa couleur pourpre représente les habits des prêtres célébrant le Carême et sa floraison correspond à cette même période précédant la Semaine sainte, de février à avril, chaque année, raison pour laquelle on en orne les autels des églises.

On la trouve encore dans le parc national du volcan Rincón de la Vieja, accrochée aux arbres.

Photo Didier Raffin-tous droits réservés

Le Yigüirro ou Merle brun

Nous connaissons tous cet oiseau brun clair au bec jaune et pattes marron gris, qui chante aux approches de la saison des pluies. Les anciens disent que ce chant indiquait qu’on pouvait commencer à semer le grain. On le trouve et l’entend dans presque tout le pays, dans les campagnes comme dans les villes, dans nos jardins, dans nos plantations de café, dans nos clairières.

Le député Deseado Barboza, qui a appuyé le choix de cet oiseau comme symbole national, a dit « De tous les animaux de notre faune, c’est le Merle brun (Yigüirro) l’oiseau symbole qui nous réjouit par son chant. C’est le musicien ailé, le même qui entonne son chant dans le palais du riche, comme à l’abri de la cabane du pauvre et qui donne vie à la paix saine de nos champs »

Photo Béatrice Passot – tous droits réservés

Les symboles costariciens (2)

L’hymne national

Noble patrie ! 
ton beau drapeau
l’expression de ta vie nous donne : 
sous l’azur limpide de ton ciel 
blanche et pure repose la paix.

Dans la lutte tenace 
du labeur fertile 
qui rougi la face de l’homme
tes enfants – simples paysans – 
ont conquis 
prestige éternel, 
estime et honneur.

Salut, oh terre gentille ! 
Salut, oh mère d’amour !

Lorsque certains prétendent 
salir ta gloire, 
tu verras ton peuple 
vaillant et viril 
l’outil grossier 
en arme le changer.

Salut, oh patrie ! 
ton prodigue sol 
doux abri et nourriture nous donne 
sous l’azur limpide de ton ciel 
que vivent à jamais le travail et la paix !

http://www.hymne-national.com/49_Costa_Rica.html

Mais qui était ce Monsieur Gabriel Lafond de Lurcy ? Et quel rapport a-t-il avec l’hymne national ?

Savez-vous que les relations commerciales et diplomatiques entre le Costa Rica et la France ont commencé en 1848 ?

Pour le savoir, voici l’excellent travail de 3 étudiants du cours d’Histoire II, LM 2483-groupe II/2018 pour tout vous expliquer

Les symboles costariciens

En ce mois de septembre…

Nous étions en mode silence ces derniers temps… quoi de mieux que le « mois de la patrie » pour reprendre nos écrits !

Commençons tout de suite avec le drapeau : il est inspiré du drapeau français, reprenant les mêmes couleurs mais disposées horizontalement en 5 parties, une rouge au centre, entre deux blanches, elles-mêmes bordées de bleu.

Le bleu représente le ciel du Costa Rica et les idéaux d’une nation démocratique.
Le blanc représente la pureté, la bonté et la paix
Le rouge représente le sang versé par les costariciens dans leur lutte pour la liberté et le travail quotidien, reprenant ainsi l’hymne national et le salut au drapeau.

Le drapeau, complété par l’écusson devient alors le pavillon adopté sous sa forme actuelle le 27 novembre 1906.

Le drapeau, complété par l’écusson devient alors le pavillon adopté sous sa forme actuelle le 27 novembre 1906.

L’écusson du Costa Rica :
Il est contenu dans un cadre doré représentant notre grain d’or, le café. Dans le cadre, on peut voir trois volcans fumants, de couleur bleu-vert, symbolisant les volcans et trois de nos quatre cordillères traversant le pays le long d’une vallée de couleur verte entre deux océans, le Pacifique et la mer des Caraïbes. Sur chaque mer, naviguent deux bateaux marchands, rappelant l’histoire maritime du pays. A l’horizon, sur la gauche, le soleil levant.

La légende « République du Costa Rica » apparait sur un ruban blanc sous deux palmes d’un vert profond. Sept étoiles blanches, représentant chacune une province, apparaissent dans le ciel sous le ruban blanc. L’écusson est surmonté d’un ruban bleu où on peut lire « Amérique centrale »

Petites capsules de langue pour les profs de FLE (6)

Pour commencer, le mot COMPETENCIA en espagnol peut devenir un vrai casse-tête en français, car il se traduit en français par:
COMPÉTENCE, comme dans nos fameuses compétences en expression écrite, expression orale, compréhension écrite, compréhension orale et la synthèse de toutes, l’interaction
COMPÉTITION lorsqu’il s’agit de participer à une manifestation sportive comme une course ou un match…
CONCURRENCE lorsque deux magasins vendent le même produit ou deux entreprises proposent les mêmes services…

En ce qui nous concerne, c’est bien la COMPÉTENCE que nous devons travailler dans nos classes, nos élèves ne sont pas en CONCURRENCE, mais rien n’empêche de faire des COMPÉTITIONS en les faisant travailler en équipe, par exemple, pour les motiver et mettre en valeur leurs COMPÉTENCES, leurs connaissances, leurs capacités.

Et pour finir aujourd’hui, grosse confusion que j’entends souvent (merci à Peyo à qui j’emprunte les Schtroumpfs)

Petites capsules de langue pour les profs de FLE (5)

Bonjour à tous,

Négation + infinitif…
Alors que l’on nous dit toujours qu’il faut mettre les deux particules négatives de chaque côté du verbe conjugué, la construction est différente quand le verbe est à l’infinitif. Pour un ordre par exemple.
On dira alors NE PAS fumer, NE PAS courir dans les couloirs, NE PAS tirer… sur le professeur …

Une petite curiosité concernant l’alphabet : on dit UNE lettre, mais UN a, UN b, UN c, UN d… etc….

Une erreur fréquente : au moment d’épeler un mot comportant 2 lettres identiques, on ne dit pas *double L ou *double P, on dit : deux L, deux P, deux M, etc…

Lorsque vous voulez exprimer une impression, vous employez très souvent une construction avec C’EST + adjectif qualificatif ou C’EST + adverbe de quantité (très) + adjectif qualificatif.
Ce qui est très bien.
Mais ATTENTION, cet adjectif qualificatif doit rester au MASCULIN SINGULIER
Exemples : La tarte au citron est très BONNE. La tarte au citron, c’est très BON
Les bons parfums de qualité sont CHERS. Les bons parfums de qualité, c’est très CHER, c’est toujours CHER
Etc…

Attention : le mot ERREUR est féminin et non masculin. On dit UNE erreur…
Mais ne vous inquiétez pas : l’erreur est humaine 🙂

A très bientôt !

Béatrice Passot

Retrouvez nos autres capsules :

Petites capsules de langue pour les profs de FLE (1)

Petites capsules de langue pour les profs de FLE (2)

Petites capsules de langue pour les profs de FLE (3)

Petites capsules de langue pour les profs de FLE (4)

 

Se préparer au DELF B2 (4)

La production écrite (expression écrite) – partie 1

Cette épreuve dure 1 heure

Comme les autres, elle est notée sur 25 points

On attend du candidat une document : une lettre formelle ou une contribution à un débat, en 250 mots environ dans une prise de position personnelle argumentée

250 mots ? en fait entre 225 et 275, en deçà et au-delà, vous êtes pénalisé.

Voilà ce qu’on attend de vous (d’après le CECRL) :

« Je peux écrire des textes clairs et détaillés sur une grande gamme de sujets relatifs à mes intérêts. Je peux écrire un essai ou un rapport en transmettant une information ou en exposant des raisons pour ou contre une opinion donnée. Je peux écrire des lettres qui mettent en valeur le sens que j’attribue personnellement aux événements et aux expériences. »

Vous allez dont être évalué sur vos capacités à :

  • justifier votre opinion
  • donner des exemples pour illustrer cette opinion
  • ordonner vos idées de façon efficace (utilisation des connecteurs)
  • vous adresser à votre interlocuteur en utilisant les règles d’usage
  • utiliser un registre formel
  • construire des phrases complexes (utilisation des relatifs, par exemple)
  • écrire avec une bonne orthographe et une bonne syntaxe

Le thème de la production est donné par une consigne (parfois accompagnée de document déclencheur)

Cette consigne donne la situation et le type de production attendue, que nous soulignons dans les 5 exemples ci-dessous

Exemple 1 :

Vous habitez dans un petit village de montagne isolé. L’école primaire publique de votre village va fermer car seulement dix enfants sont en âge d’être scolarisés en primaire.

Au nom des parents d’élèves, vous écrivez une lettre au Ministère de l’Education Nationale pour vous indigner de cette mesure. Vous soumettez des arguments en faveur de la réouverture de l’école. (proposition d’épreuve confectionnée par des étudiants de M2, La Sorbonne)

Exemple 2 :

Vous vivez en France dans une zone piétonne du centre-ville. Le maire de votre ville a décidé d’ouvrir certaines des rues de cette zone à la circulation des autobus pendant la journée. Comme représentant(e) de votre immeuble, vous écrivez une lettre au maire pour contester cette décision en justifiant votre point de vue. (extrait d’épreuve d’entrainement mis en ligne par le CIEP, 2017)

 Exemple 3 :

Vous êtes de plus en plus nombreux dans votre entreprise à avoir des enfants en bas âge. De plus, vous souffrez du manque d’espace dans vos bureaux.

Au nom de vos collègues, vous écrivez au directeur pour demander à ce que chacun puisse travailler chez lui.

Vous lui indiquez les avantages du travail à distance (en plus de ceux déjà cités) et le bénéfice que l’entreprise pourrait en tirer. (extrait d’épreuve d’entrainement mis en ligne par le CIEP, 2012)

Exemple 4 :

Vous décidez de donner votre position sur la mode des selfies. Vous êtes convaincu(e) que ce phénomène mondial est un concentré d’égocentrisme et de narcissisme. Vous écrivez un message à poster sur un forum en expliquant votre opinion dans un texte argumenté et illustré d’exemples précis. (extrait de LE DELF 100% réussite, ed. Didier, 2016)

Exemple 5 :

Vous êtes abonné(e) à un magazine et vous constatez qu’un trop grand nombre d’articles hebdomadaires est consacré aux régimes. Cette incitation permanente à la maigreur est à votre sens dangereuse, et vous pensez que les magazines ont une responsabilité à assumer puisqu’ils influencent les lecteurs les plus fragiles et les plus jeunes. Vous écrivez au courrier des lecteurs pour exposer votre point de vue. (extrait de https://polyglotworld.wordpress.com/2017/08/30/3-sujets-inedits-decrit-pour-le-delf-b2/ )

Les clés de la réussite ?

  • la réflexion sur ce qui demandé (la compréhension du thème)
  • la planification de ce que vous allez écrire (le plan n’est pas toujours clairement indiqué dans la consigne)
  • l’organisation de votre argumentation (les fameux connecteurs)
  • les exemples qui vont illustrer votre argumentation (vous argumentez pour convaincre)
  • la présentation de votre lettre formelle : l’expéditeur, le destinataire, le lieu, la date, l’objet ou la référence, le corps de la lettre, les formules de politesse (ce ne sont pas les mêmes en français et en espagnol), la signature….

Essayez de réfléchir sur les exemples proposés ci-dessus…
Nous reviendrons bientôt sur ce thème !

Petites capsules de langue pour les profs de FLE (4)

Quelques petites remarques sur la langue :

Attention à l’utilisation du mot RAPPORT dans des expressions. On dit :
– par RAPPORT À (AUX)…
– en RAPPORT AVEC ..
😀

En français, lorsque l’on parle de POURCENTAGE, on n’emploie PAS D’ARTICLE.
On dira donc : 90 % des professeurs de FLE du Costa Rica sont des femmes (et non *le 90 %…)
🙂

En espagnol, il y a un seul mot « rio » et en français deux, la rivière et le fleuve.
Vous connaissez la différence entre ces deux cours d’eau ?
Le fleuve se jette dans la mer, comme le fleuve San Juan, le fleuve Tempisque, le fleuve Tárcoles, le fleuve Pacuare… S’il est petit et tout près de la mer, on l’appellera fleuve côtier, comme le Barú, près de Dominical.
La rivière se jette dans le fleuve, comme la rivière Virilla, la rivière San Carlos, la rivière Arenal

Il faut donc connaître bien la géographie du pays, en plus 😀

 

J’entends souvent les collègues dire : on a parlé que*
C’est incorrect !
Les bonnes constructions sont : on a parlé de OU on a dit que…

A bientôt !

Béatrice Passot